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Vous l’aurez compris, la santé mentale des femmes en entreprise est un sujet d’une importance capitale qui mérite toute notre attention. Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur cette problématique aux conséquences alarmantes, tant pour les salariées elles-mêmes que pour la performance de nos organisations. À travers cet article, nous allons explorer en profondeur les différents aspects de cette question complexe, en analysant les chiffres inquiétants, les facteurs de risques spécifiques aux femmes, mais aussi les enjeux économiques et sociétaux sous-jacents. Enfin, nous vous proposerons un plan d’action concret avec 5 mesures essentielles à mettre en œuvre pour améliorer durablement le bien-être mental de vos collaboratrices.

En bref

La santé mentale des femmes au travail se dégrade d’année en année, avec une prévalence de troubles psychologiques supérieure à celle des hommes. Cette situation alarmante s’explique par de multiples facteurs de risques spécifiques aux femmes, tels que la charge mentale élevée, les discriminations persistantes ou encore les violences subies. Face à ce constat, les entreprises se doivent d’agir en mettant en place des actions ciblées pour sensibiliser, former, créer un environnement inclusif, proposer un accompagnement adapté et encourager le leadership féminin. Une approche globale et pérenne est indispensable pour répondre aux enjeux économiques, sociaux et sociétaux sous-jacents.

Un constat alarmant qui s’aggrave

Les chiffres sont sans appel : la santé mentale des femmes salariées en France se dégrade d’année en année. Selon le dernier Baromètre Malakoff Humanis de septembre 2023, pas moins de 44% d’entre elles souffrent de mauvaise santé psychologique, contre seulement 32% des hommes. Un écart considérable qui s’est encore creusé depuis 2020, année où ce taux atteignait déjà 40% chez les femmes. La situation semble donc s’aggraver inexorablement, avec aujourd’hui :

  • 55% des femmes souffrant de troubles psychologiques (vs 45% des hommes)
  • 52% étant épuisées professionnellement
  • 1 femme sur 10 victime de harcèlement moral au travail

Mais ce n’est pas tout. Un phénomène d’invisibilisation de la santé mentale des femmes persiste, avec près de 50% d’entre elles qui ne sont pas diagnostiquées par un professionnel de santé. Un retard de prise en charge qui ne fait qu’aggraver les symptômes et la souffrance vécue au quotidien. Face à cette situation préoccupante, il est urgent d’identifier les facteurs de risques spécifiques auxquels les femmes sont exposées afin de déployer des mesures adaptées.

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Multiples facteurs de risques spécifiques

Si les femmes sont plus vulnérables en matière de santé mentale au travail, c’est en raison d’une conjonction de facteurs de risques qui leur sont propres. Tout d’abord, elles doivent faire face à une charge mentale considérable, devant répondre aux injonctions familiales et professionnelles de front. Jongler en permanence entre ces deux sphères, dans un contexte où les stéréotypes de genre et les inégalités persistent, engendre un sentiment d’échec, une perte de confiance en soi et une dégradation de l’estime de soi. Cette surcharge de travail, à la fois mentale et physique, se traduit par un fort taux de stress et de burn-out chez les femmes, fragilisant ainsi leur santé mentale.

Parallèlement, les discriminations restent malheureusement une réalité dans de nombreuses entreprises, que ce soit en termes d’accès à l’emploi, de promotions ou encore d’accès aux postes à responsabilité. Un plafond de verre qui impacte négativement l’estime de soi des femmes. À cela s’ajoutent les violences conjugales et le harcèlement moral ou sexuel au travail, des traumatismes majeurs qui peuvent entraîner des symptômes de stress post-traumatique difficiles à surmonter. Enfin, les étapes de vie spécifiques aux femmes comme la grossesse, le post-partum ou la ménopause, avec leurs bouleversements hormonaux et émotionnels, constituent autant de périodes de fragilité psychologique supplémentaires.

Des conséquences économiques et sociétales majeures

Au-delà de la souffrance individuelle vécue par les femmes, la dégradation de leur santé mentale a également de lourdes répercussions sur les entreprises et la société dans son ensemble. D’un point de vue économique, le coût de l’absentéisme lié aux arrêts maladie des femmes, surreprésentées à 55% selon Malakoff Humanis en 2022, pèse lourdement sur la performance des organisations. Mais ce n’est pas tout. Lorsque le bien-être mental des collaboratrices n’est pas préservé, cela se traduit également par une perte d’engagement, de motivation et de productivité, impactant directement la compétitivité de l’entreprise. Sans compter les difficultés à attirer et retenir les talents féminins dans un tel contexte.

Par ailleurs, cette problématique soulève des enjeux sociétaux majeurs. La persistance des discriminations, du harcèlement et des inégalités professionnelles à l’encontre des femmes contribue à construire une société moins inclusive, moins attentive aux besoins de chacun. C’est pourquoi les entreprises se doivent d’agir en faveur de l’égalité réelle, en luttant contre ces phénomènes et en valorisant la diversité. Une démarche vertueuse, à la fois pour le bien-être des salariées, mais aussi pour l’image et l’attractivité de la marque employeur.

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5 actions concrètes à mettre en place

ActionObjectifsPublic cibleMoyensIndicateurs de suivi
Sensibiliser et formerBriser l’invisibilisation et lever le tabouManagers et équipesProgrammes de sensibilisation, formations, conférences, groupes de paroleNombre de personnes formées, satisfaction
Créer un environnement inclusifTransformer la culture d’entrepriseTous les salariésPolitique de tolérance zéro, aménagements du temps de travail, objectifs réalistesTaux de discrimination, d’absentéisme, de turnover
Proposer un accompagnementAider à faire face à la charge mentaleFemmes salariéesServices de conciergerie, solutions de garde, ateliers bien-êtreNombre de bénéficiaires, satisfaction
Encourager le leadership fémininValoriser les femmes à responsabilitéFemmes talentsProgrammes de mentorat, de coaching, modèles inspirantsNombre de femmes promues, taux de féminisation des postes clés
Mesurer et piloterS’assurer de l’efficacité des actionsToute l’entrepriseIndicateurs genrés, enquêtes, analyses de donnéesÉvolution des indicateurs clés (absentéisme, discrimination, etc.)

Sensibiliser et former : la clé pour lever le tabou

La première étape incontournable pour améliorer la santé mentale des femmes en entreprise est de briser le tabou et l’invisibilisation qui l’entourent encore trop souvent. Pour cela, il est essentiel de déployer des programmes de sensibilisation à grande échelle, à destination à la fois des managers et de l’ensemble des équipes. L’objectif ? Donner à chacun les clés pour identifier les signaux faibles de souffrance psychologique et adopter les bons réflexes face à une situation de mal-être.

Au-delà de la sensibilisation, des formations dédiées doivent être proposées pour outiller concrètement les collaborateurs. Celles-ci peuvent prendre différentes formes : conférences avec des experts, ateliers pratiques ou encore mise en place de groupes de parole pour encourager le partage d’expériences. Une véritable culture de la sécurité psychologique doit être instaurée, où chacun se sent libre d’exprimer ses difficultés sans crainte de jugement. Des espaces d’écoute et de dialogue spécifiques pour les femmes, animés par des professionnels, peuvent également être mis en place pour répondre à leurs problématiques.

Créer un environnement de travail inclusif et bienveillant

Au-delà de la sensibilisation, c’est une véritable transformation culturelle qui doit être opérée au sein des entreprises pour créer un environnement de travail véritablement inclusif et bienveillant. Cela passe d’abord par l’adoption d’une politique de tolérance zéro à l’égard des discriminations, du harcèlement moral ou sexuel, et de toute forme de violence. Des sanctions disciplinaires claires et systématiques doivent être mises en place en cas de manquement à cette règle fondamentale.

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Mais l’inclusion ne s’arrête pas là. Il est indispensable de revoir en profondeur certaines pratiques managériales et organisationnelles pour les rendre plus favorables à la mixité et au bien-être des femmes. Cela passe par exemple par la mise en place d’aménagements du temps de travail (télétravail, horaires flexibles, adaptation des postes) pour faciliter la conciliation vie pro/vie perso. Ou encore par la définition d’objectifs clairs et réalistes pour éviter la surcharge chronique. Une culture d’entreprise bienveillante, qui promeut le respect mutuel, la collaboration et encourage réellement la prise de congés, doit être instaurée sur le long terme.

Proposer des mesures de soutien et d’accompagnement

Parallèlement aux actions de sensibilisation et de transformation culturelle, il est indispensable de proposer aux femmes salariées un accompagnement personnalisé pour les aider à faire face à leur charge mentale élevée. Cela peut passer par la mise en place de services de conciergerie pour les décharger de certaines tâches domestiques, mais aussi par des solutions de garde d’enfants facilitées pour réduire le poids de la charge familiale.

Au-delà de cet aspect pratique, un soutien psychologique doit également être proposé, via l’organisation d’ateliers de gestion du stress et des émotions animés par des professionnels. La promotion du bien-être au sens large est cruciale, en encourageant par exemple la pratique d’activités physiques et sportives ainsi qu’une alimentation saine et équilibrée. Enfin, un accompagnement social personnalisé, avec un accès facilité aux soins de santé mentale, doit être garanti pour les femmes en situation de fragilité particulière.

Encourager le leadership féminin

Lutter contre la dégradation de la santé mentale des femmes, c’est aussi leur permettre de développer pleinement leur potentiel professionnel en accédant à des postes à responsabilités. Trop souvent victimes de plafond de verre et de stéréotypes tenaces, les talents féminins peinent encore à se voir confier des fonctions de leadership dans de nombreuses entreprises. Pourtant, leur présence dans les sphères décisionnelles est un levier puissant pour transformer les mentalités et les pratiques.

C’est pourquoi il est essentiel de mettre en place des programmes dédiés pour encourager et valoriser le leadership au féminin. Mentorat, coaching, mise en avant de modèles inspirants… Autant d’initiatives à déployer pour aider les femmes à briser le “plafond de verre” et les pensées limitantes comme le sentiment d’imposture. En développant leurs softskills comme l’affirmation de soi ou la confiance en soi, elles pourront pleinement exprimer leur potentiel et participer activement au développement de l’entreprise.

Mesurer et piloter le changement

Enfin, dernière action mais non des moindres, il est crucial de mesurer l’impact des différentes initiatives mises en œuvre pour s’assurer de leur efficacité. Pour cela, la mise en place d’indicateurs de suivi genrés est indispensable, en tenant compte des risques spécifiques auxquels les femmes sont exposées (violences sexistes et sexuelles, risques psychosociaux, etc.).

Des enquêtes de satisfaction et des groupes de parole doivent également être réalisés régulièrement pour recueillir le ressenti des principales intéressées et ajuster si besoin les mesures déployées. Une analyse poussée des données collectées doit être menée pour suivre les évolutions dans la durée et piloter efficacement le changement. Enfin, il est essentiel de communiquer largement sur les résultats obtenus et les progrès réalisés, pour valoriser les efforts entrepris et maintenir l’engagement de tous les acteurs.

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